La moitié

Nous sommes aujourd’hui le 20 Juin. Il y a un peu plus de deux mois je quittais Montréal après y avoir passer 10 jours. 10 jours de retrouvailles. 10 jours à te (re)découvrir. 10 jours à être pleinement, réellement et physiquement là pour toi. 10 jours à te soutenir. 10 jours à rire, à partager, à dormir, à jouer avec toi. Pendant ces jours nous avons pu avoir un aperçu de notre quotidien à venir. J’ai aimé cela. Ce n’était certes pas encore le réel quotidien mais nous avons au moins pu le toucher du bout des doigts. Ce toucher, nous avons du le laisse de côté lorsque je suis parti. Ce fut dur. Et c’est toujours dur. Dur devoir nous faire vivre à distance. Que ce soit pour les joies ou pour les peurs, la distance commence à me peser. A nous peser. Pourtant nous avons à notre disposition de formidable outils pour nous aider à vivre cette distance. Que ce soit par Tumblr, par SMS, par téléphone, par Skype nous pouvons et devons nous faire vivre. Nous faire vivre à distance en attendant de nous faire vivre pleinement, physiquement, réellement.

Nous sommes aujourd’hui le 20 Juin. Dans un peu plus de deux mois je t’accueillerai en France. Paris ? Bordeaux ? Peu importe. Je serai là. Tu seras là. Mes bras seront grands ouverts, prêts à te serrer entre eux. Prêts à te protéger. Prêts à te libérer. Prêts à te rassurer. Tu seras là. Je serai là. Nous serons là. Mes bras seront donc là. Mais pas seulement. Mon esprit sera là. Prêt à te faire vibrer. Prêt à te faire grandir. Prêt à te découvrir. Prêt à te surprendre. Prêt à répondre à tes attentes, tes interrogations, à tes peurs. Mes larmes seront là. Larmes de bonheur. Larmes de soulagement. Larmes de lâcher prise. Parce que oui. J’ai besoin de lâcher prise. Besoin de dire “merde”, de dire “fuck” à tout le monde. Besoin de crier que désormais tu es là et que personne ne se mettra désormais entre nous. Que personne ne pourra te faire du mal sans que je puisse réagir. Toi comme moi allons pouvoir enfin se lâcher et vivre. Vivre pour nos personnes et vivre pour notre couple.

Ces deux mois à venir vont être compliqués. Ils vont être dur. Pourtant si l’on regarde notre histoire, 2 mois à passer ne sont rien comparer à nos 6 ans passés à échanger à distance. Et pourtant ces deux mois me font peur. Beaucoup plus que les deux mois précédent. Ils me font peur car la distance, notre séparation physique va commencer à nous peser de plus en plus. Ils me font peur car nous allons (surtout moi je pense) de plus en plus partir au quart de tour pour la moindre chose. Je sais pertinemment que le plus dur sera là. Que la bataille contre moi même va se jouer là dessus. Qu’elle va se jouer sur cette confiance, sur cette force qu’il me manque parfois. Il va falloir que je me batte contre cette boule au ventre qui commence à venir de plus en plus souvent. A tous moments. Qu’importe l’heure. Qu’importe où je suis. Qu’importe avec qui. Elle arrive. Elle m’immobilise. Me mange. Pour la contrer je n’ai pas toujours la solution. Et quand bien même je l’ai ce n’est pas forcement la bonne. Bien au contraire. Bien sur quand la solution est aller de me dépenser en faisant du sport (course, skate, etc.) elle ma paraît bonne. Mais quand la solution est de prendre l’apéro à des heures tardives, de sortir derrière je ne pense pas que cela soit une bonne solution. Je ne fais que m’égarer plus plutôt que de grandir. Hors j’ai ce besoin de grandir. J’ai ce besoin de partager. Avec toi. Seulement avec toi. Quand cette boule au ventre vient, j’ai l’impression de me retrouver comme un petit enfant. Cette impression d’être seul. Bien qu’entouré d’amis je me sens seul. Peut-être parce que je ne sais plus si je peux me considéré comme protéger lorsque je suis avec eux. Bien sur tu es là. Tu es constamment là. Je n’ai qu’à lever la tête ou regarder ta bague que je porte pour savoir que tu es là. Et pourtant des fois, et de plus en plus souvent, j’en veux plus[plusse]. Ou plutôt la boule au ventre prend le dessus et continue de me manger. J’ai conscience de te demander beaucoup. Conscience que tu n’as pas forcement la tête à cela et pourtant je te le demande. Parce cette moitié de temps à passer à besoin de nous. Pleinement de nous. Notre nous entier. Notre nous complice. Notre nous qui c’est construit au fil de ces 6 ans. Il est hors de question de laisser filer ces deux mois à légère. Bien au contraire ils doivent être notre moment, notre dernière ligne droite que l’on doit courir main dans la main pour aller franchir cette foutue ligne d’arrivée la tête haute et le sourire aux lèvres. Ainsi, nous pourrons regarder une dernière fois derrière nous, lever nos mains et dire ensemble “FUCK”.

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