Le premier du reste de ta vie je ferai quoi ?
A priori je serai toujours là. Une promesse faite à un ami (le plus vieux – T) comme quoi nous serions toujours là en 2081 pour voir l’éclipse totale du soleil qui sera visible depuis la France m’oblige à tenir ce propos.
A priori vous serez également là. Le “vous” est volontaire. Pas envie de cibler une ou des personnes en particulier. A vous de vous sentir concerné ou non. Pour les non, tant pis pour vous. Pour les concernés, bien joué. Les essentiels seront toujours là. Ca veut dire qu’on pourra toujours :
- Rire ensemble,
- Partager des apéros ensemble,
- Découvrir de nouveaux sons ensemble,
- Vivre des nouvelles expériences ensemble,
- Aller manger notre saucisses frites du jeudi midi ensemble,
- Surfer ensemble,
- Aller à Barneville pour notre pèlerinage estivale.
- Etc.
A priori je serai toujours avec E. Où ? Je ne sais pas. Je miserai tout de même sur Cherbourg. Une chose est cependant presque sure. Ce ne sera pas l’appartement du 19.
Quoique qu’il en soit tu es là. Ce n’est plus un à priori. Tu es prêt à commencer ce premier jour du reste de ta vie.
Quel âge auras tu ? Je ne sais pas.
J’imagine tout de même que tu auras plus de 18 ans ne serait-ce que pour avoir une raison de quitter le cocon familial. Qui dit avoir 18 ans, dit avoir eu son bac (en toute logique – mais existera t-il encore et aura t-il la même valeur qu’aujourd’hui – à savoir quasi nulle par ailleurs). Qui dit avoir le bac, dit partir vers des études. Je ne te mets pas la pression en disant cela. Ne te méprend pas. Je parle au conditionnel donc rien n’est fait. Tu as toute ta vie devant toi.
Tu as 18 ans donc. Le lycée sera derrière toi. Tu devrais avoir des souvenirs plein la tête. Lesquels ? Même en parlant au conditionnel je n’ai avoir la prétention de les connaître. Ce seront les tiens. Certains partagés avec nous. D’autres non. Tu auras surement déjà compris que des fois c’est mieux de ne pas tout dire. Ca ne veut pas dire mentir à tes proches. Non. cela veut dire que chacun se doit d’avoir ses secrets. Tu auras simplement commencer à te construire. Ce qui inclus avoir pris quelques claques de la vie.
Et en 18 ans, tu auras déjà eu le temps d’en prendre je pense. Le moins possible j’espère. J’aurai tout fait pour quoiqu’il en soit. Après n’étant pas toujours derrière toi, et heureusement, certaines auront été inévitables. Ne serait-ce que celles des premiers chagrins d’amour. Certes elles ont du faire mal mais crois moi, elles t’apprennent toutes quelque chose. Tu ne t’en seras peut-être pas encore rendu compte mais tu verras.
D’autres claques auront peut-être fait surface. Celles des premières gueules de bois, celles des premières déceptions, celles des premières expériences qui t’auront complètement renversé, celles des premières joies, celles des premières découvertes.
Ce discours pourra me faire passer pour un vieux con auprès de toi mais dis toi que j’ai écris ces quelques lignes alors que tu n’étais pas encore là. Pas même en cours de conception. Pourquoi les avoir écris maintenant me demanderas tu peut-être.
La réponse est simple : parce que je suis dans cette période où j’ai beaucoup d’incertitudes. Le genre de période où il est temps de prendre certaines décisions qui auront des conséquences pour le reste de ma vie. Ne te détrompes pas. Ces décisions, j’ai envie de les prendre. Ce ne sont pas des fardeaux.
Je suis un peu comme toi maintenant en fait. Au bord d’un autre premier jour. C’est la raison de cet écrit. Tu verras, il n’y a pas qu’un seul nouveau jour dans ta vie. Et à chacun de ces jours, tu devras trouver des réponses à des questions. Pour les trouver tu auras peut-être ta technique. Ou plusieurs qui sait ? Pour moi je n’en ai trouver qu’une véritablement efficace. C’est l’écriture. C’est donc tout naturellement que j’ai pris ma plume pour écrire ce soir dans mon train.
Et c’est cette plume qui m’a amené à parler de toi qui n’existe pas encore. Pour tout te dire, tu n’étais pas pas prévu pour faire parti de ce récit. Tu es arrivé en cours de route. Ne le prend pas mal. Au contraire. Cela montre que dans ce moment d’incertitudes il y en a une qui ne l’est pas : t’avoir.
Et cette certitude qui ne l’était pas il y a quelque temps est pourtant belle et bien là. Elle me rassure et me fait peur. Qui l’emportera ? Tu connais la réponse.
Je t’envie.
[Playlist]
- Looking for love (but not so sure) – Pretty Lights
- Saxophone – Odezenne
- Addictive – Truth Hurts, Rakim
- Formidable – Stromae
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