Avec beaucoup de retard me voilà … Il me fallait peut-être mon verre de rhum et ma cigarette roulée pour pouvoir écrire. Je réfléchissais justement au fait que je n’ai pas sorti, que je n’ai pas écrit un seul mot depuis que je suis à Bordeaux. Et cela va bientôt six mois. Moi qui écrivais quelque chose de manière (presque) quotidienne voilà que je n’ai rien sorti depuis 6 mois. Que c’est-il passé depuis 6 mois ? Tout. Un aboutissement est arrivé. Ma femme est arrivée. Nous nous sommes (enfin) retrouvés. Réellement retrouvés. Après quasiment une année passé loin de l’autre nous voilà réunis. Réunis pour vivre notre vie. Pour vivre nos rêves. Depuis 6 mois nous sommes donc dans cette nouvelle ville. Dans ce nouvel environnement. Dans cet inconnu. Nous avons durant l’année passée essayer de minimiser cet inconnu. Nous avons essayé d’anticiper au maximum les choses tout en laissant la part belle à l’inconnu. Et cet inconnu est là. Tout comme nos anticipations sont là. Parmi les anticipations présentes je pourrai citer nos forts caractères, la relation avec l’autre (l’ex) qui certes c’est arrangée, mais reste néanmoins incertaine, la difficulté de trouver un emploi pour toi (mon optimisme n’y aura rien changé malheureusement), etc. Parmi l’inconnu il y a bien entendu notre vie. Notre vie à deux. Notre quotidien. Il nous amène des difficultés mais aussi et surtout de la joie, des plaisirs, des sourires, de la complicité, de l’attention, de la tendresse, des paroles, des échanges, des découvertes. Ce quotidien qui pouvait nous faire peur est pourtant bel et bien là. Par quotidien j’entends bien le “bon” quotidien. Pas celui qui amène les routines prendre le dessus sur le reste. Bien entendu les habitudes, et non pas les routines, sont là. Je pourrai citer le petit bisou avant de partir travailler, les petits mots laissés sur la table basse du salon, nos sourires mutuels lorsque nous nous rejoignons quelque part, lorsque l’on s’aperçois dans la rue marchant l’un vers l’autre, etc. J’aime ces habitudes là car contrairement à mes anciennes relations, elles sont naturelles. Elles ne sont pas forcées. Mes sourires lorsque je la vois, la prendre dans mes bras lorsque j’arrive à la maison ou dans la rue ou encore venir embrasser son front en prenant sa tête entre les mains. Je pourrai en citer tellement d’autres des habitudes comme cela. Mais encore une fois je les qualifie certes d’habitudes mais ce n’est pas par réflexe que je fais ces gestes mais bien par envie. Cela fait certes “que” six mois que nous vivons ensemble et pourtant je suis toujours étonné que ces envies soient là si naturellement. En ça, notre anticipation de notre vie commune ne nous aura pas fait défaut. Parmi les choses ne nous ayant pas faites défaut il y a également notre envie de découvertes. Découverte de l’autre mais aussi découverte de notre nouvelle environnement. Environnement géographique j’entends ici. En six mois nous avons pu découvrir de belles choses. De belles choses comme les plages de sable en septembre / octobre (dernier bain le 31/10 si ma mémoire est bonne !), les anciennes carrières et autres souterrains entre Bourg et Blaye, les monuments (ou ce qu’il en reste) des Templiers, une chapelle perdue au milieu d’une forêt de pin, etc. Que de belles choses de découvertes ensemble. Et ce, grâce à elle. En cela elle m’apporte beaucoup également. Elle me donne l’envie de découvrir et de ne pas se reposer sur ce que l’on a ou sur ce que l’on voit. Non. Nous grattons. Nous grattons comme nous pouvons avec ce que l’on a. Et ensemble, nous avons beaucoup. Beaucoup plus que chacun de notre côté. Comme nous l’avons souvent dit, ensemble, nous sommes plus fort. Et je dois bien avouer qu’il a fallu, qu’il faut être fort.
En effet ce que je viens dépeindre est fait de rose mais ces six mois passé ne sont pas uniquement rose. Nous avons eu des épreuves. Comme tout le monde me direz vous. Oui. Parmi mon entourage je ne pense vraiment pas être le plus à plaindre c’est certain puisque mon entourage a connu aussi son lot d’épreuves. Et du plus sincèrement que je puisse être, je souhaite et espère que ce genre d’épreuves sont passées pour cette année. Ces épreuves qu’on connu mon entourage ont eu, et ont encore, des répercutions sur moi. Etant loin pour la plupart, je n’ai pu être pleinement là pour eux. je n’ai pu être là comme j’aurai aimé être là pour eux. Pas pour faire bonne figure. Non. Simplement être là pour les personnes que j’aime. Parmi elles il y a El Zouzou bien entendu. Frapper de plein fouet par la faucheuse. Et je m’inquiète pour lui, pour eux. Je sais qu’ils sont forts mais étant loin d’eux, de lui je ne peux sentir le poux et savoir par le regard ce qu’il en est vraiment. Seul les mots écrits, seule la voix parlée peut me l’indiquer. Et ce n’est pas si simple. La distance peut des fois être pesante. La faucheuse est également venue frapper à ma porte. A la porte de ma famille. Je savais qu’elle frapperait bientôt mais comme souvent dans ces cas là, on souhaite qu’elle prenne son temps. On souhaite également qu’elle soit gentille. Dans mon cas, je sais qu’elle l’a été avec lui. L’emporter dans son sommeil était une bonne idée la faucheuse. Pour cela, j’aimerai te remercier car il méritait de partir ainsi. Bon tu aurais pu attendre encore peu mais c’est ainsi. Désormais la date du 26/11 restera dans ma mémoire. Désormais le 30/11 sera toujours différent et mes pensées iront vers lui et non plus vers moi. Ce qui est moins égoïste. Mes pensées n’attendront pas ces dates pour aller vers lui. Non. Je pense à lui tous les jours. Tous les jours je regarde cette bague que je porte et je pense à lui. Tous les jours je lève la tête vers le ciel et je pense à lui. De manière fugace. De manière maligne. Car en partant il nous a laissé sur notre faim en nous livrant un dernier bout de sa personnalité plein de mystère. On ne pouvait attendre mieux de lui. Eternel (c’est le mot …) cachotier. Sa dernière trouvaille aura été de nous apprendre qu’il était franc-maçon via la parole de son beau-fils à qui il aura fait jurer de nous l’apprendre qu’une fois décédé. C’est chose fait mon papi. Nous le savons désormais mais après ? Pourquoi ne pas en avoir parlé avant avec tes enfants ? Avec tes petites-enfants ? Pourquoi ce mystère autour de cela alors que pour ma part, j’aurai aimé que tu m’y inities. Pas pour le côté secret de l’organisation en tant que telle mais pour te connaître toi. Car au final je ne te connais pas tant que cela. Heureusement tes écris sur ta jeunesse passée sont là pour m’en apprendre plus sur toit. Pour me rendre compte des épreuves que tu as toi aussi passée (et quelles épreuves …). Maintenant que tu es parti je n’ai plus qu’eux pour me rapprocher de toi. Et je n’ai plus que mon stylo pour aller quémander des informations à mon bel-oncle. Je le ferai. Car il m’importe de te connaître. Durant ces six mois mon grand-père est donc parti. Au revoir l’artiste. Ce ne fut pas sans difficultés que je lui disais au revoir. Non. Je me suis vu faire des choses que je n’aurai pensé faire comme par exemple aller allumer un cierge pour lui dans une église. Je me suis aussi vu guidé et surtout soutenu par ma femme. Irréprochable. Sa présence à mes côtés m’a soutenu. M’a donné la force d’affronter cela. Elle m’a apporté le manque de la présence de mon papi. M’a apporté le réconfort nécéssaire dans cette situation. Je me vois encore rentré à la maison le midi, complètement paniqué suite à l’annonce de cette nouvelle. Je la vois encore me faire couler un bain très chaud, allumer les bougies, me glisser dans cette eau, s’assoir à côté de la baignoire et me tenir la main. Tout simplement. Et ce qu’il y a de beau et de magique c’est justement ce “tout simplement”. Elle était là, tout simplement. Tout simplement elle. Et je l’aime pour ce qu’elle est. Tout entière.
Durant ces six mois d’autres personnes sont partis. Au sens propre (malheureusement) comme au figuré. Au figuré car comme je m’y attendais, mon départ de ma ville natale a d’une certaine façon provoqué un tri naturel dans mon cercle d’ami. Je ne regrette en rien ce tri presque involontaire. Je le constate juste. Comme je le disais plus haut (bien plus haut), la distance a un impact qu’on le veuille ou non. Cet impact je m’y attendais. De fait il passe d’une certaine façon mieux que si c’était une surprise. Et sans me mentir il passe également beaucoup car ma femme est là avec moi. Encore une fois elle est là entière. Parmi ces départ, un m’a particulièrement fait mal. L’architecte que je considère comme un ami proche m’a fait défaut. Je lui en ai tenu rigueur. Et contrairement à ce que je peux faire ou dire d’habitude, j’ai parlé à mon architecte. Je lui ai dit ce que j’avais à dire à savoir ma déception de sa non présence. Il l’a encaissé. L’a reconnu. S’en est excusé. Je serai tenter de dire next puisque rien ne c’est passé depuis mais je ne le veux pas. Je ne peux pas, ne veux me dire que c’est d’une certaine fini. Non. Je veux ou plutôt aimerai me dire que lorsque nous reviendrons dans ma ville natale la relation avec lui sera comme avant. Mais j’ai du mal à y croire. C’est ainsi. Heureusement d’autres relations ne bougeront pas. Celle avec mon El Zouzou ne bougera pas. Je le sais et en suis pleinement convaincu. Et à mon sens, c’est le principal.
Durant ces six mois, j’ai également perdu un peu force. De la force en moi. Ma femme m’en a apporté et continue de m’en apporter tous les jours mais je sais au fond de moi que la confiance en moi m’a un peu abandonné. Elle est toujours là bien entendu et heureusement. Mais je sais qu’une partie est parti justement. Où je ne sais pas. La retrouverai-je ? Oui. Définitivement oui. La cause de cette perte n’est pas claire pour moi. J’ai bien des idées et parmi il y a la peur. La peur de perdre. La peur de perdre celle que j’aime tant. Toujours cette peur. Je devrai m’en servir pour me renforcer mais des fois elle me desserre. Au lieu de me donner la force et l’envie d’aller plus loin elle me bloque, me renferme sur moi et me fait agir à l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Fort heureusement ce n’est pas tout le cas mais d’une manière générale je sais que je n’agis pas comme je devrai agir. Je me braque au lieu d’aller de l’avant et de prendre pleinement soin de celle que j’aime. Ceux qui me connaisse bien savent de quoi je parle lorsque j’emploi ces mots. Ma femme elle, l’a découvert pendant ces six derniers mois. Je lui avais promis d’être fort et des fois, je ne le suis pas. C’est humain me direz-vous. Et vous avez raison. Sauf que ma femme est tout pour moi et que je veux être à la hauteur de ce qu’elle attendait, de ce qu’elle attend de moi. Je sais que je suis prêt, tout prêt de l’être. Cela doit être cette fameuse règle des 80/20. 80% du travail ce fait en 20% du temps et les 20% restant ce fait en 80%. Foutue règle. Alors je travaille. Je travaille à prendre sur moi tout en disant les choses. Je travaille à avoir confiance à moi. Je travaille tout simplement à être moi en fait. Réellement moi dans tout sa splendeur (oui oui je sais ce que je vaux alors merde …). Je travaille à aller vers où je souhaite aller, vers où nous souhaitons aller. Et nous souhaitons aller loin. En toute simplicité. Je sais que cette confiance en moi qui me manque n’est pas loin. Ma femme m’a appris durant ces dernières années à aller la chercher, à la retrouver. Alors maintenant que ma femme est à mes côtés, je devrai, je dois la trouver à la prendre encore plus facilement. C’est un long chemin. Mais c’est un chemin que je souhaite, que je veux absolument prendre. Et encore une fois bien que cela doive venir de moi, c’est ma femme qui est ma plus précieuse alliée. Avec elle je suis moi. Comme elle est pleinement elle.
Durant ces six derniers mois, tout n’est pas rose pour elle non plus. Que ce soit niveau professionnel ou personnel, de belles épreuves sont passées et sont encore là. Elle les a passé. Avec sa force que j’admire tant et continue de les passer. Lorsque nous étions éloignés (géographiquement j’entends), j’étais son pilier. Depuis que nous sommes là, je le suis mais pas autant que nous le souhaitons. Qu’elle le souhaite. Que je le souhaite. Et pourtant elle arrive toujours à refaire surface. A être là. A sourire. A y croire. Je l’admire pour cela. Je veux faire plus que cela pour elle. Je veux être plus qu’un simple admirateur. Je sais que je le suis. Je sais aussi que je peux l’être encore plus. Je me mets certes la pression mais à mon sens cette pression est saine car elle me fait, car elle nous fait aussi avancer. Encore avancer. Bizarrement (et malheureusement) les mots me manquent souvent avec elle. Mes gestes sont là. Mes caresses. Mes réconforts sont là. Mais j’aimerai tant pouvoir avoir les mots qu’elle a besoin d’entendre. J’essai. Et c’est à mon sens le principal. Essayer. Ne pas abandonner. Vouloir alors aller toujours plus loin avec elle sans pour autant m’oublier. Sans pour autant nous oublier.
Ce que j’essai de dire, d’écrire c’est tout simplement que je suis follement amoureux de ma femme, que je veux le meilleur pour elle afin quelle puisse se libérer complètement et être pleinement elle. Car ce qu’elle est, ce que tu es ma princess, mérite pleinement de s’ouvrir et de prendre réellement son envol. Mérite pleinement que tu sois toi. Comme je mérite d’être pleinement moi. Comme nous méritons d’être pleinement nous.
Nous avons déjà écris plusieurs chapitres ensemble. Celui que nous écrivons actuellement n’est pas le plus facile mais lorsque je vois, lorsque je sens à quel point je suis heureux avec elle, à quel point je peux l’aimer, à quel point elle peut me rendre fou alors je dis oui. Définitivement oui, cela mérite bien de continuer à écrire notre livre.
Ces six derniers mois sont désormais presque derrière nous, derrière moi. Ils ont riches. Riches en découvertes, en plaisirs, en émotions, en rire, en larme, en bonheur, en amour, en sourires, en jeux de cartes, en insomnies, en gnochis, en crêpes, en berges de la Garonne, en famille, en cartons, en poils de chat, en souffles, en “quoi”, en orgasmes, en coups de gueules, en kilomètres parcourus, en calins, en caresses, en bisou, en films, en games of throne, en saucissons, en quick, en cinémas, etc. En tout.
En somme, riche en ce que j’attendais. Car tu es désormais là. Oui toi là-bas avec ton si joli sourire, avec ton si joli regard, avec tes si jolis yeux noirs, avec ton si joli corps, avec ta si jolie personne. Avec ce que tu es. C’est grâce à toi si c’est six derniers mois je souhaite qu’ils ne soient qu’un préambule à notre vie.
Je t’Aime.
Ton Homme