Rien ne sort

Rien de sort. J’ai tout au fond de moi et rien ne sort. Elle connait ça pour le vivre depuis bientôt un an. Elle commence peut-être à s’en sortir maintenant. Et je l’envie. Je suis le premier à l’encourager à sortir ce qu’elle a au fond d’elle et elle est la première en m’encourager également. Et pourtant rien n’y fait. J’ai l’impression de pisser dans un violon. A écrire pour écrire. Chose que je me suis toujours refusé de faire. J’écris tout de même ces lignes dans l’idée que cela provoquera quelque chose en moi. Comme un déclic. Se forcer pour mieux remettre la machine en route. Fermer les yeux sur les lignes insipides qui en sortent et se dire “ça ira mieux demain”. De fait, je suis là à tapoter sur mon clavier avec l’espoir qu’il en sorte quelque chose. Pour moi. Et pour elle. Espérer qu’au bout d’un moment, un mot, une phrase va faire TILT et que je réussirai d’un à sortir ce que j’ai à sortir et de deux la toucher. D’une certaine manière j’ai toujours écris pour moi mais aussi pour elle. Au début c’était comme un exutoire. Me dire que j’écrivais pour moi mais aussi pour elle afin que tu me vois vraiment comme je suis au fond. Et cela a été le cas puisque nous en sommes là aujourd’hui. Quand nous étions ensemble à distance, mes écrits se sont transformés en ode à sa personne et à mon amour que je lui porte. Dis comme ça cela fait vraiment roman à l’eau de rose mais ce n’était pas le cas. Les mots, les tournures employé(e)s n’étaient pas de l’eau de rose mais des sentiments et une réalité brute. Qui me touchait. Et qui la touchait. Depuis un an, j’ai beau écrire un peu rien n’y fait. Je tombe dans le platonique. Je me répète sans trouver ces mêmes mots et ces mêmes tournures qui nous correspondaient. Je n’ai pas la prétention que ces lignes écrites dans ce billet retrouvent le “niveau” de celles d’il y a maintenant deux ans. Non. Comme je l’écris plus haut je vois plutôt ça comme un entrainement. Comme un vieux diesel que l’on rallumerait et que donc, réchaufferait avant de pouvoir le lancer. Ce ne sont pas des excuses mais une réalité. Le quotidien m’a bouffé. Et continue de me bouffer. Alors pour une fois c’est mon tour de bouffer. De bouffer ce quotidien. Par où l’attaquer. Par où lui faire mal. J’allais écrire “par où le taillader” mais cela ne me ressemble gère. Ce qui me ressemblerait plus c’est de poser les mots. De poser un mot. Un mot qui touche. J’hésite. Il est important ce mot. C’est lui qui posera la 1ère pierre de mon prochain billet. Plusieurs me vienne à l’esprit dans un ordre non défini : femme, enfant, sommeil, famille, amour, confiance, futur, passé.

[Amour]Femme. Ma femme. Ma femme que je chérie tant et à qui dans le même temps je fais du mal. Moralement parlant. J’en ai bien conscience. Cela me fait mal à moi aussi de la voir dépérir jour après jour sans que je puisse agir. Sans avoir l’impression de pouvoir agir. Puisque ce n’est qu’une impression. Subjective plus qu’objective. Je peux agir en étant droit, fort et en grandissant. En me dépassant. En lui faisant pleinement confiance. En regagnant sa confiance perdu après une (putain/grosse) erreur de jugement de ma part. Je vais encore une fois me battre pour réparer mes erreurs. Mais cette fois-ci je dois réellement me battre sous peine de la perdre définitivement. Et après toutes ces batailles menées seul ou avec elle, je ne peux admettre de nous séparer. Il y a bien entendu de l’orgueil dans mes propos mais aussi et surtout un réel amour pour cette femme, un réel sentiment que l’on peut être formidable à nous deux. Je crois encore dur comme fer en nous. Et je continuerai tant que je peux à croire que je ne me trompe pas sans pour autant me voiler la face. J’essai d’être un maximum lucide sur notre futur. Et je sais que ça ne sera pas facile. Mais j’y crois encore. Je ne veux pas baisser les bras (ni mon froc par ailleurs). Je veux en quelque sorte continuer de parier sur nous en ayant bien conscience que ce pari demande de relever mes manches. Je me dis ça et écris cela pour me persuader que je peux y arriver. Ce n’est pas dans mon caractère de me battre. Je ne me suis jamais battu de manière frontale (ou rarement) et encore moins battu pour une femme. C’est ma première fois. Et quelle première fois. Je ne me bats pas bien. Fais des erreurs. De grosses erreurs et pourtant à bientôt 32 ans c’est la 1ère fois que je veux me battre pour quelqu’un. Non pas parce que j’estime que cette personne m’appartient. Non je veux me battre pour cette personne, pour ce qu’elle est et pour ce que j’estime que nous pouvons faire. Et aussi dans un coin de ma tête j’ai encore la prétention de croire que je peux être quelqu’un de bien pour elle. J’y crois encore à cela également. Peut-être pas l’homme parfait mais si je pouvais seulement être l’homme de sa vie comme je pense qu’elle est la femme de ma vie, cela m’irait amplement.

[Famille]Enfant. Son enfant bien sur. Parce qu’il est au centre de sa vie et que par ricoché il l’est dans la mienne. Pas au centre mais proche. Et cela me va bien puisque bêtement ou non je m’attache à lui. Je n’ai souvent les bons comportements / bonnes attitudes avec lui ou même plus globalement quand il est là mais je sais que je m’améliore. Et surtout j’ai cette envie de prendre le temps de construire quelque chose avec lui. Prendre le temps comme me la souvent dit sa mère. J’ai merdé complètement lors de notre dernière entrevue. Je le sais. Comme je sais que cela mettra donc du temps à revenir avec lui. Je l’espère sincèrement. Cela devra passer avant tout de chose par sa mère bien évidement. J’en ai bien conscience de cela aussi. Son enfant donc mais aussi celui que j’aimerai un jour avoir avec elle. Propos qui pourrait paraitre déplacé vu la situation actuelle mais qui est toujours là avec moi et en moi. Parce que j’ai toujours cette phrase, ma phrase en tête de lorsque nous étions allongé tout les deux sur un lit en Italie. “Voudras tu un jour un autre enfant ? Avec moi. J’ai besoin de savoir cela” Puis son murmure “oui”. Ma mémoire me faisant horriblement défaut ce ne sont surement pas les mots exactes mais c’est ce que j’en ai gardé. Et ces mots continuent de me porter et de me hanter. Car c’est avec elle seule que je me vois avoir un enfant. Pas maintenant. Non. Mais cette perspective me redonne toujours quelque chose. Quand je la regarde, je ne peux m’empêcher de souvent y penser et de m’imaginer la voir enceinte, debout face à moi, un sourire aux lèvres, moi y répondant franchement en venant l’enlacer. Tout cela fait clicher et pourtant c’est ce que j’aimerai qu’on devienne.

[Futur][Passé]Sommeil. Dormir. Se reposer. Comme je lui ai dit il y a peu de temps, je suis fatigué. Au sens global du terme. Je voudrai fermer les yeux et ne pas avoir milles questions en têtes. Fermer les yeux sereinement et me dire “dors, tu peux maintenant dormir sans te préoccuper du lendemain”. Cette question du lendemain qui me vient régulièrement quand je ferme les yeux. Je devrai vivre au présent. Mais mon caractère a besoin d’un minimum de futur. Un futur sur. Qu’importe ce qu’il est est mais ce besoin de futur n’est pas assouvi. N’a pas ses réponses. Et cela ma préoccupe (trop). Me bouffe. J’ai essayé de faire semblant de m’en foutre mais la réalité m’a rattrapé. Sans un minimum de certitudes à court terme, je peux être serein. Et de certitudes je n’ai point ne serait-ce que pour le mois prochain.

Quel mot sera donc le bon ? Il y’en a t’il un ?

La nuit porte conseil parait-il …

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