Combat…

sohankalim:

J’aurai aimé que me tu me prennes par la main, sans rien dire de plus, sans ajouter quoi que ce soit à l’évidence. Peut-être qu’alors, nous ne nous serions pas abimés comme l’on fait naufrage en pleine mer. Le contact rassurant de la chaleur de ta peau sur la mienne aurait suffi à faire fondre la gangue glacée dont l’emprise étouffait les battements de mon cœur.

Tu n’en as rien fait. Le silence s’est ajouté au silence. Le froid s’est installé, et notre histoire s’est engouffrée dans cet embranchement, sans aucun espoir de retour. Ce qui ne fut pas fait ne pourra plus l’être.

Pour autant, cette absence, ton absence, n’a pas creusé le vide en moi. Au contraire, il s’est incarné. Tu as disparu, mais la forme que tu as imprimée sur la fabrique du monde, désormais vide de toi, soudain semble s’animer de sa propre volonté. Tu n’es pas là, mais tu es là tout de même, en creux, écrasant de présence cette réalité qui ne peut rivaliser avec toi.

Le monde est incomplet, et ni le souvenir qui prolonge, ni le regret qui hante, ne parviennent à combler ce manque. Et je reste quelque part bloqué sur cet instant manqué, comme ces vieux magnétoscopes VHS dont l’arrêt sur l’image n’était jamais tout à fait honnête.

J’aurai aimé que tu m’expliques, que la lumière de ta raison balaye les ombres dans lesquelles aujourd’hui je me noie. Alors nous aurions fait la guerre, avant de faire l’amour. Les mots seraient sortis de leur réserve. Et chacun de nos assauts aurait repoussé un peu plus loin l’échéance de la date de péremption.

Aux enjeux de la guerre, tu as préféré une paix qui ne dit pas son nom. Une paix qui n’en est pas une, tant elle nous laisse si peu en repos. De cette paix-là, je n’en veux point. Je préfère mourir au combat d’une cause juste que de dépérir sous le régime d’une paix absurde.

Car les combats que l’on n’a pas menés se rejouent sans cesse au théâtre de nos regrets. Mille fois je t’ai giflé, mille fois je t’ai fait l’amour. Et aucune de ses représentations n’a changé quoi que ce soit à la réalité.

Il y a plus à perdre à n’être qu’une ombre de soi qu’à échouer à être soi-même. Ce n’est pas toi que j’ai perdu, c’est moi qui me perds dans ses décombres esseulés. Ce n’est pas toi que je recherche, c’est moi-même que je dois retrouver.

J’aurai aimé te dire je t’aime, et d’un éclat de rire balayé le malaise qui s’était inopinément installé. Et peut-être même aurais-tu pu répondre que toi aussi. Que tout ceci n’était qu’une erreur, une mauvaise plaisanterie.

Je ne l’ai pas fait. Je n’ai pas pu, et encore moins aujourd’hui. Pour aimer, il faut s’aimer soi-même, bien plus que je puis. L’amour que j’éprouve à ton égard existe, mais il n’a plus d’objet sur lequel s’appuyer. Il est devenu inutile. Comme ses vieilles malles que l’on cumule dans les greniers, il n’héberge plus que de la poussière et des souvenirs oubliés.

Peu à peu, la mémoire s’effiloche. Une fois atteint le fond de l’abime, que restera-t-il de ce que nous avions été ? Tu me manques. Mais plus encore, l’homme que je fus me manque.

Et je m’efface à mesure que je m’enfonce dans l’abime que ton absence a creusé.

Deux modifications à ce texte :

1/ L’homme que je fus ne me manque pas puisque je n’étais que le fantôme de moi-même

2/ Je ne m’efface plus, je transmets.

Et ça fait pshiit

c’est lui, c’est lui
aussitôt j’ai su
à l’instant même où il
mon sang a fait son grand tour
à l’instant même où je l’ai vu
dès que je vous ai vu, tu m’as plu
dès qu’il m’a regardé, je n’ai plus pu
dès ce moment je n’ai eu de cesse de
il a suffi que vous, il a fallu que tu
mon cœur l’a reconnu au premier coup de son œil
c’était en bas, dans la rue, chez des amis, au café
(il pleuvait)
son âme tout entière vaut le regard, détour, voyage
je vous aime depuis tous ces yeux que vous m’avez balancés
je vous aime car ma gorge s’est renouée, mon sang n’a fait qu’un, mes veines sont devenue bleues
vous m’avez donné le goût des larmes, des chaudes larmes, du sel dans la bouche
je vous aime pour tout ce sang que vous avez retourné jusqu’à ce que mon plus grand silence apparaisse
c’était chez des organes, il pleuvait, c’était au café, dans une salle d’attente, c’était, c’était là
quand je pense que je nous attendais depuis tant de temps, depuis tout le temps, depuis tout de suite, depuis là

Jacques Rebotier, Litanie du coup de foudre  (via ellednorih)

Et ça a fait pshiiitttt

Un fil

beaboum:

Hold the Line

Tenir le fil,
cordon ombilical qui nous unit,
Conducteur et nourrissant par le son de ta voix,
Barbelé de larmes ensanglantées,
lorsque faute de mobile,
Suspendue dans le vide,
il faut vivre l’air détaché,
Sans trop s’attacher ni s’emmêler.
Je me raccroche alors au fil du temps,
Combiné avec ce lien du cœur qui nous relie,
Même si nos sommes noctambules
Laissent un goût amer sur tout ce qu’on ne s’est pas dit.

PS : J’ ai demandé ta peau lisse ne me quitte pas….
Accrochons nous pour l’ émoi à venir….

Je ne me raccroche plus au fil du temps, je l’ai moi même coupé pour pouvoir avancer, regarder le passé sans regretter et le futur à embrasser

Douter

madamebonnieparker:

monsieur-flo:

image

Si vous deviez l’écouter attentivement, elle vous dirait qu’elle ne plait pas, qu’elle est moins désirable que toutes les autres, que personne ne l’invitera à sortir. Elle manque de confiance en elle c’est certain …

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Magnifique déclaration d’amour …

Parfois je doute moi aussi d’être à même de l’accompagner comme il le faut dans ses envies et ses choix de vie.

Moi aussi j’ai douté. Mais je suis heureux de l’avoir fait. C’est peut-être ce qui m’a sauvé, ce qui m’a sauvé de m’oublier moi-même.

De simples histoires vécues. Des envies aussi. Bref la vie.