Archives de catégorie : Histoires vraies

Partir

Partir.

Voilà un verbe qui veut dire bien des choses. Qui plus est lorsque l’on est assis un soir d’hiver avec à sa droite une tisane (nuit tranquille la tisane, pour bien dormir qu’ils disent), un cendrier à moitié plein et une clope à la bouche.

Une clope roulée s’il vous plaît.

Me voilà donc écoutant de la musique mais pas n’importe laquelle. La musique qui convient dans ces moments là à savoir la musique qui remue tes tripes, celle qui réveille la nostalgie, celle qui te donne la boule au ventre, celle qui te rappelle combien de fois tu es parti.

Partir.

Partir pour retrouver. Retrouver quoi aussi ? Retrouver une certaine insouciance. Une insouciance partager qui plus est. Retrouver une période de ma vie où tout n’était que plaisir. Même si cela n’était vrai quand surface, qu’importe. Ce fut une sacré période remplie de joie, de bonne humeur et d’oublis. Le “bon” oubli, celui qui met de côté les problèmes quels qu’ils soient.

Partir.

Partir pour oublier. Oublier quelque chose qui fait mal. Peu importe si c’est utopique de le penser. On part tous à un moment ou à un autre pour cette raison. Et tous autant qu’on est, on ne l’oublie pas. Au mieux on apprend à vivre avec. Au pire je ne sais pas. Oublier quelque chose ou quelqu’un implique forcement ce verbe.

Partir.

Partir pour découvrir. Découvrir de nouvelles choses, de nouvelles personnes, de nouveaux endroits. Tout cela pour s’enrichir. Sans enrichissements la vie serait trop plate. Tout comme si la vie ne comportait pas les claques qui te font repartir de plus belle.Repartir.Repartir dans le bon sens. Repartir dans le mauvais sens. On ne peut jamais le savoir sans le faire. Alors on le fait et on le sait. Rapidement, plus tard ou trop tard. Quoiqu’il en soit on le sait et on peut repartir de plus belle.

Partir ? Mais où ?

Les filles

Me voilà me jetant dans le bain. Et je me jette lors d’un voyage en train. Là il ne va y avoir que moi qui comprend l’ironie de la chose mais après tout peu m’importe puisque ce premier jet ne sera que pour moi (note du 13/02/2010 : il ne sera pas que pour moi finalement !). Donc me voilà rédigeant un premier texte et je dois bien avouer que je ne sais pas par où commencer. D’où peut-être un fil complètement déconstruit. Je vais commencer par ce sur quoi j’ai envie d’écrire.

Les filles.

Facile de démarrer par cela vu que je suis entouré de filles. Dans le train. Inspiration quand tu nous tiens. Ou manque d’inspiration justement. Ou rien du tout. Une envie. Un besoin. Oui Besoin ça me plaît bien. Et ça colle à ce que j’ai dans la tête là, maintenant.

Les filles.

Six m’entoure. Oui j’ai compté. Quatre devant, une à ma gauche, une à ma droite et une derrière. Sur neuf personnes pouvant m’entourer, ce n’est pas mal non ? On s’en fou me direz-vous. Et bien non, non et non. Pas moi. C’est justement ça le problème. Je m’en fou pas parce que je ne sais pas ou plus ce que je dois penser. Personne ne suit là. Oui c’est normal, ce texte est pour moi et il est guidé par mes pensées (déconstruite donc !) et par la musique passant dans mes oreilles (merci R11 pour la playlist).

Les filles.

Six.J’entends parler Espagnol, j’aime ça. Ça vient de devant. Des quatre sièges devant. Des trois sièges pardon. Une française est coincée entre les trois. Elle lit, enfin, essai de lire, elle écoute de la musique, enfin, essai d’écouter de la musique. J’admire le calme dont elle peut faire preuve. Bravo. J’aurai craqué personnellement.

Les filles.

Ça parle espagnol donc, ça rigole espagnol. J’aime ! Ca respire la vie. Et ces quelques petites choses simples me font accrocher direct. Je prête attention avec mes oreilles mais aussi mes yeux. Croisant un regard. Regard qui ne voudra rien dire mais regard qui rassure.

Une fille.

Ma fille, ma nana, ma copine. Me rassure t-elle ? Non. Triste non ? Oui triste. Est ce ma faute ? La sienne ? J’en ai aucune idée. Je ne cherche pas, plus à savoir ou comprendre. J’ai donné ce que je pouvais donner. Ce n’est pas plus à moi d’aller chercher cette assurance. Elle doit me la donner d’elle même. Et si elle me la donne pas ? Avec des si, on referai le monde alors pas de si. C’est comme ça et puis c’est tout. Laure si tu m’entends …

Les filles.

Regards quand vous me tenez. Vous ne voulez rien dire, vous ne faites rien espérer, mais vous êtes là. Vous me faîtes du bien, vous me rassurer. Un simple regard me fait exister.

Et une simple fille ?

Une petite ballade

Cela devait être une ballade répertoriant l’ensemble de mes points “fétiches” de ma région. Le fait est que cela c’est transformé en ballade répertoriant les endroits où il pouvait y avoir des vagues en ce samedi. Au vu de la houle / marée / vent, cela c’est donc limité à une seule partie. B. m’en excusera j’en suis sur.

Vous allez donc avoir le droit à 3 de mes endroits préférés de la côte Nord. Ce post est donc un peu plus orienté “ma vie mon oeuvre” … Je le sais.

Maintenant prenez votre temps. Rien de presse. Prenez vous un bon café chaud (ou un vin chaud – parait que c’est la saison). Installez-vous dans un bon fauteuil et venez donc vous promenez avec moi.

L’après-midi à commencer par le lieu le plus à l’Est à savoir l’Anse du Brick. Pour s’appelle t-elle comme ça ? Franchement aucune idée.

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Ce que je sais en revanche, c’est que des trois lieux cités, c’est celui là que j’ai le plus fréquenté. C’est par là que j’allais gamin me promener avec mes parents lors de la promenade dominicale. Beaucoup d’entre nous gardent de mauvais souvenirs de ces ballades là. Les considérant comme des obligations. Alors oui pour moi aussi c’était aussi une obligation mais j’y allais avec plaisir. Que ce soit ici ou ailleurs. C’était – et ça l’est toujours – le moyen de prendre l’air, de se défouler, d’apprécier la région dans laquelle je suis. Et c’était également le moyen de partager un moment en famille, un moment de grande complicité.

C’est également par ce lieu que j’ai commencé à surfer car c’était le lieu le plus proche de chez moi tout simplement. Alors oui là comme ça on ne dirait pas qu’il y a des vagues mais si, elles existent. Peu en ce jour c’est vrai mais regardez bien la photo. Vous voyez le petit point noir dans l’eau ? Non ce n’est pas un cormoran mais bien un surfer. Il devait être bien, là dans l’eau. Seul à profiter de Sa session. Moment toujours magique que d’être seul à l’eau dans un cadre aussi beau que celui là. Pour moi, pas de mise en l’eau, sachant que cela pourrait mieux marcher ailleurs.

C’est le moment d’aller un peu à l’Ouest. Très légèrement à l’Ouest. Direction la plage de Collignon. On passe donc par Breteville-en-Saire, puis par le Becquet de Tourlaville. Si vous avez faim, n’hésitez pas à vous arrêter au Comptoir du Becquet. Bon petit restaurant. Pour moi, pas d’arrêt.

Pour ce lieu, je suis mitigé. Car d’un côté il est marquant mais de l’autre insignifiant.

Insignifiant car en dehors de sa vague, cet endroit n’est que peu attractif – pour moi je précise. Oui il y a des dunes – artificielles. Oui il y a une piscine – qui a mal vieillie. Oui il y a la digue permettant d’avoir la sensation de marcher sur l’eau. Mais voilà, pour moi, rien de magique si ce n’est sa vague.

Marquant donc car c’est une des rares vagues de la région qui peut être magique. Mais vraiment magique. Elle se fait donc rare la belle. En ce jour, la belle avait l’air de se réveiller. Mais hésitante. Ne sachant pas trop quoi faire. Rester couchée au chaud dans son lit ou se lever et se laisser apprécier par nous autres ? Le verdict attendra. Je veux continuer mon petit bonhomme de chemin pour aller voir une autre vague, un autre lieu que j’affectionne particulièrement

Direction un peu plus à l’Ouest, encore. Direction Landemer. De l’autre côté de la ville donc. On passe devant la nouvelle gare maritime, puis devant l’ancienne gare maritime reconvertie il y a quelque temps en un magnifique aquarium, accueillant également un sous-marin qui se visite – Cité de la Mer. Passons le pont tournant (oui oui il tourne vraiment le saligo !), puis un petit bonjour à la statue de Napoléon – qui nous montre fièrement l’Angleterre, lui même assis sur son destrier. Nous voilà devant l’arsenal – cette saloperie construisant des sous-marins nucléaires – puis nous respirons à nouveau lorsque nous sommes sur le boulevard de la Saline, nous permettant d’admirer la rade de Cherbourg dans toute sa splendeur. Passons Urville, surnommer le “Deauville de la Manche” (mouahahaha) et nous voilà, enfin, à Landemer.

Et là, admirez. Respirez !

Ce lieu est relativement nouveau pour moi. Que ce soit du côté surf que côté ballade puisque je ne l’ai découvert que sur le tard. Il y a 6 ans je dirai pour le côté ballade et il y a un an pour le côté surf. Vague magique là aussi. Encore plus rare que Collignon. Mais là, contrairement à Collignon, même sans vagues, ce lieu est BEAU. C’est le début de la Hague, le début du chemin des douaniers. Là où tout commence. Là où tout s’arrête. Alors on ouvre grand ses yeux. On ouvre grand ses poumons et on P.R.O.F.I.T.E.

Il n’y a que ça à faire. Profitez.

C’est ce que j’ai fait personnellement. Le temps d’un clope. Je vous encourage à prendre plus de temps que moi cependant. Le compteur tournant pour moi, je dois filer.

Un petit instant “bucolique” avant de partir cependant.

Il ne me reste plus qu’une heure trente avant que le soleil ce couche. Je file donc vers l’Est, retour sur Collignon pour aller me mettre dans l’eau – si mes prévisions sont exactes. Je vous épargne la demi-heure de route – c’est la même qu’à l’aller mais dans l’autre sens. Logique non ? CQFD.

Arrivée, retour, à Collignon. Prévisions exactes. OUF. Pas de photos avant la mise à l’eau – l’heure tourne, il va faire nuit dans une bonne heure.

On enlève le haut. On enlève le bas. On met les chaussons, le licra polaire à manche longue, la combinaison, les gants. On est OK.

Mise à l’eau.

Encore une fois, un seul mot d’ordre (enfin deux) : profiter et apprécier.

C’est ce que j’ai fait. Profitant et appréciant le peu de monde dans l’eau, les vagues, certes capricieuses mais qui sont régulières et propres (comprendre qu’elles sont exploitables !).

En sortie d’eau, après m’être changé et ranger mon corps au chaud une petite série de photos s’imposait. Alors oui il y a une cigarette sur certaines de ces photos. Comme je le disais dans un précédent post, chacun à ses addictions, ses petits travers. Celui là fait partie des miens, assumé. Surtout après une session. Alors je ne vais pas respirer (je pense à vous tout de même) mais détendez vous. Vraiment.

[Playlist]

Mr Oizo – Intro X

Krazy Baldhead – My Soul is Like a Tree

Breakbot – The Beach (feat. Pacific!)

Busy P – Still Busy (feat. Thunderbird Gerard)

Mr Flash – Reckless

Justice – Brianvision MMXIII

Cassius – Sunchild

Mr Oizo – Secam

So Me – TX/FL/PA

DSL – In Your House

Mickey Moonlight – Transition

Feadz – Coleslaw 43

Boston Bun – Grinded

[/Playlist]

Quand j’ai eu 30 ans

Quand j’ai eu 30 ans, j’ai eu peur. C’est venu comme ça, sans aucune raison apparente. Et pourtant c’était là, le veille du jour fatidique. Certain(e)s diront qu’un nombre ne veut rien dire. Que le jour faisant que ce même nombre change ne veut rien dire. Je les rejoins. Et pourtant c’est là. Ce chiffre 3 accolé au chiffre 0 m’ont fait peur. Deux symboles qui peuvent se transformer en une quantité.Et c’est cette quantité passée ou cette quantité à venir qui m’a fait peur.

[Apartéun chiffre est un symbole et un nombre la représentation d’une quantité – Source : http://secouchermoinsbete.fr/6100-la-difference-entre-nombres-et-chiffres]

J’ai donc eu peur. Peur de quoi me direz-vous ? Et bien la première chose que me vient à l’esprit est la peur du vide. J’étais là sur mon canapé à écouter avec une certain sourire l’album Random Access Memories des Daft Punk. J’étais là sur mon canapé à tapoter sur mon clavier un quelconque écrit. J’étais là sur mon canapé à essayer d’extérioriser ce qui était en moi. Ai-je réussi ? Oui. Oui D’une certaine façon.

Comme je l’ai dit dans de précédents billets, écrire me fait du bien. C’est la première et unique raison. Je pourrai écrire et garder cela pour moi bien entendu. Mais non. J’ai également ce besoin (Egoïste ? Egocentrique ?) de savoir que l’on peut me lire. Pas pour un besoin de reconnaissance. Non. Besoin de me dire que quelqu’un me lit. Besoin de savoir que cette même personne pourra répondre à cet écrit, d’une façon ou d’une autre s’il en a envie. Attention, je ne cible personne en particulier quand je dis cela. Au contraire. Plus la personne qui lit cet écrit m’est lointaine, mieux c’est. Je me dis que cela apporte encore plus de recul et apporte l’objectivité qui peut me manquer de temps en temps.

Ecrire me fait du bien.

Quand j’ai eu 30 ans, j’ai eu peur.

J’ai donc écris.

Lorsque cette peur a été présente, le premier réflexe a été de penser à quelque chose de rassurant. Et c’est  B. qui est apparue la 1ère. Elle était là, avec moi, à me réconforter à 5200 Km de distance. Le cerveau et son imagination font bien les choses. Cela permet de se rappeler de (très) bons moments et d’en imaginer d’autres à venir. Et en cette vieille de mes 30ans, je savais très bien que d’autres aller arriver. Parce que malgré cette peur qui me tenait, ce vide qui était là, j’avais confiance en moi.

Oui confiance en moi. Alors quand j’ai eu 30 ans, j’ai décidé d’avancer.

[Playlist]

Daft Punk – Giorgio by Moroder

Daft Punk – Within

Daft Punk – Instant Crush

Daft Punk – Lose Yourself to Dance

Daft Punk – Touch

[/Playlist]

Tout a commencé par nos retrouvailles

Tout a commencé par nos retrouvailles dans un salon dédié au numérique. Chaleureuses. Naturelles. Toi comme moi étions pleinement nous-même. Il me semble avoir été boire un verre sur la terrasse avant de filer prendre le métro et sa chaleur étouffante en ce mois de Juin 2013. Echanges de nouvelles, rires, hésitations, questions ont rythmé notre trajet. Après avoir gravis les 5 étages nous amenant chez notre “hôte” absent, nous avons posé tes affaires, nous nous sommes rafraichis sur le balcon. Au soleil. Chacun portant son verre à la main. Moi fumant tranquillement. Te regardant d’une manière sereine et sûre pour la 1ère fois. Je ne savais pas encore que cette nuit alors devenir si importante pour toi, pour moi et pour nous. Non. Nous ne savions rien si ce n’est que nous étions là tous les deux l’un en face de l’autre. Après avoir fini nos verres, nous voilà partis direction un petit restaurant que je connaissais en bas de la rue Mouffetard. Coup de chance, une table c’est libérée rapidement. Une fois assis tu m’as fait part de ton mal de tête qui pointé le bout de son nez. Il y a un an, je ne les connaissais pas encore comme je les connais aujourd’hui. Il y a un an je ne savais que je pouvais agir directement dessus. Quoiqu’il en soit, nous avons continuer à bavarder comme deux vieux amis que nous étions. C’était la 1ère fois que nous bavardions ainsi. Face à face. Sans pression. Sans retenue. Presque à nu.

Une fois notre diner terminé, nous avons décidé de se ballader un peu dans cette même rue Mouffetard à la recherche d’un endroit où continuer la soirée, à boire un verre. Mais toi comme moi n’avions envie de nous mêler à trop de personne et c’est pourquoi nous avons chois de remonter chez “nous”. Mais

La moitié

Nous sommes aujourd’hui le 20 Juin. Il y a un peu plus de deux mois je quittais Montréal après y avoir passer 10 jours. 10 jours de retrouvailles. 10 jours à te (re)découvrir. 10 jours à être pleinement, réellement et physiquement là pour toi. 10 jours à te soutenir. 10 jours à rire, à partager, à dormir, à jouer avec toi. Pendant ces jours nous avons pu avoir un aperçu de notre quotidien à venir. J’ai aimé cela. Ce n’était certes pas encore le réel quotidien mais nous avons au moins pu le toucher du bout des doigts. Ce toucher, nous avons du le laisse de côté lorsque je suis parti. Ce fut dur. Et c’est toujours dur. Dur devoir nous faire vivre à distance. Que ce soit pour les joies ou pour les peurs, la distance commence à me peser. A nous peser. Pourtant nous avons à notre disposition de formidable outils pour nous aider à vivre cette distance. Que ce soit par Tumblr, par SMS, par téléphone, par Skype nous pouvons et devons nous faire vivre. Nous faire vivre à distance en attendant de nous faire vivre pleinement, physiquement, réellement.

Nous sommes aujourd’hui le 20 Juin. Dans un peu plus de deux mois je t’accueillerai en France. Paris ? Bordeaux ? Peu importe. Je serai là. Tu seras là. Mes bras seront grands ouverts, prêts à te serrer entre eux. Prêts à te protéger. Prêts à te libérer. Prêts à te rassurer. Tu seras là. Je serai là. Nous serons là. Mes bras seront donc là. Mais pas seulement. Mon esprit sera là. Prêt à te faire vibrer. Prêt à te faire grandir. Prêt à te découvrir. Prêt à te surprendre. Prêt à répondre à tes attentes, tes interrogations, à tes peurs. Mes larmes seront là. Larmes de bonheur. Larmes de soulagement. Larmes de lâcher prise. Parce que oui. J’ai besoin de lâcher prise. Besoin de dire “merde”, de dire “fuck” à tout le monde. Besoin de crier que désormais tu es là et que personne ne se mettra désormais entre nous. Que personne ne pourra te faire du mal sans que je puisse réagir. Toi comme moi allons pouvoir enfin se lâcher et vivre. Vivre pour nos personnes et vivre pour notre couple.

Ces deux mois à venir vont être compliqués. Ils vont être dur. Pourtant si l’on regarde notre histoire, 2 mois à passer ne sont rien comparer à nos 6 ans passés à échanger à distance. Et pourtant ces deux mois me font peur. Beaucoup plus que les deux mois précédent. Ils me font peur car la distance, notre séparation physique va commencer à nous peser de plus en plus. Ils me font peur car nous allons (surtout moi je pense) de plus en plus partir au quart de tour pour la moindre chose. Je sais pertinemment que le plus dur sera là. Que la bataille contre moi même va se jouer là dessus. Qu’elle va se jouer sur cette confiance, sur cette force qu’il me manque parfois. Il va falloir que je me batte contre cette boule au ventre qui commence à venir de plus en plus souvent. A tous moments. Qu’importe l’heure. Qu’importe où je suis. Qu’importe avec qui. Elle arrive. Elle m’immobilise. Me mange. Pour la contrer je n’ai pas toujours la solution. Et quand bien même je l’ai ce n’est pas forcement la bonne. Bien au contraire. Bien sur quand la solution est aller de me dépenser en faisant du sport (course, skate, etc.) elle ma paraît bonne. Mais quand la solution est de prendre l’apéro à des heures tardives, de sortir derrière je ne pense pas que cela soit une bonne solution. Je ne fais que m’égarer plus plutôt que de grandir. Hors j’ai ce besoin de grandir. J’ai ce besoin de partager. Avec toi. Seulement avec toi. Quand cette boule au ventre vient, j’ai l’impression de me retrouver comme un petit enfant. Cette impression d’être seul. Bien qu’entouré d’amis je me sens seul. Peut-être parce que je ne sais plus si je peux me considéré comme protéger lorsque je suis avec eux. Bien sur tu es là. Tu es constamment là. Je n’ai qu’à lever la tête ou regarder ta bague que je porte pour savoir que tu es là. Et pourtant des fois, et de plus en plus souvent, j’en veux plus[plusse]. Ou plutôt la boule au ventre prend le dessus et continue de me manger. J’ai conscience de te demander beaucoup. Conscience que tu n’as pas forcement la tête à cela et pourtant je te le demande. Parce cette moitié de temps à passer à besoin de nous. Pleinement de nous. Notre nous entier. Notre nous complice. Notre nous qui c’est construit au fil de ces 6 ans. Il est hors de question de laisser filer ces deux mois à légère. Bien au contraire ils doivent être notre moment, notre dernière ligne droite que l’on doit courir main dans la main pour aller franchir cette foutue ligne d’arrivée la tête haute et le sourire aux lèvres. Ainsi, nous pourrons regarder une dernière fois derrière nous, lever nos mains et dire ensemble “FUCK”.

One

Johnny Cash – One

Ecouter cette chanson en boucle.

L’écouter.

L’apprécier.

La vivre.

Je ferme les yeux.

Je te vois.

Je te vois au bord de la mer. Au bord de la mer sur une plage de sable fin. Le sable venant courir sur tes pieds. Tes pieds goutant également à la douceur de cette eau salée.

Je t’observe de loin tranquillement assis sur le sable. La lumière du soleil m’éblouissant légèrement, je te regarde. Mon regard est serein, bienveillant. Je veille sur toi. Je prend conscience de la chance que j’ai de pouvoir te regarder ainsi. La chance de pouvoir voir dans ton regard ce bonheur qui te parcoure. La chance de pouvoir sentir également ce bonheur parcourant toute ma peau, tout mon être.

Tu te retournes. Ton regard plonge dans le mien. Nous nous observons sans dire un mot. Mais tout est dit. J’esquisse un léger sourire. Ton regard vient se porter à nouveau vers l’horizon.

Je me lève doucement.

M’approche de toi.

Je sens à mon tour la douceur de l’eau venir caresser mes pieds. Mes mains posées sur tes épaules je viens caresser ta peau doucement. Simplement du bout des doigts. Je les fais descendre le long des hanches puis vient t’entourer de mes bras. Tu sens tout mon corps se lover contre tien. Mes lèvres se poser dans le creux de ton cou. Te déposer un léger baiser. Nos regards se perdent dans l’horizon.

Notre horizon.

Nous ne savons pas encore de quoi celui-ci est fait. Pourtant toi comme moi sommes sereins. Sereins et heureux. Tout simplement.

Ma main vient se glisser contre tes cheveux. Contre ta joue. Je la caresse doucement du bout des doigts. Je vois tes lèvres esquisser un début de mot.

Je porte un doigt sur elles.

Mes lèvres te murmurent doucement un “chut” avant de venir glisser à ton oreille …

… Je t’aime